Fighting HIV/AIDS
Published in October 2006
in Burundi


Transcript

Françoise :
Je suis Françoise Ndayishmiye, je suis Burundaise et je suis médecin de formation, ça fait plus de 13 ans que je suis dans la lutte le contre le Sida. J’ai commencé quand j’étais encore sur le banc de la faculté de médecine, mais j’ai continué avec un grand engagement depuis que j’ai travaillé au niveau des associations au pays. Je me suis engagée beaucoup plus lorsque j’ai appris que moi-même j’étais séropositive, ça m’a aussi donné beaucoup plus de force de lutter contre cette maladie pour que les autres puissent ne pas l’avoir. Et surtout pour que les malades, les autres et moi-même, pour qu’on puisse avoir accès aux traitements, et c’est ça ma grande lutte.

Grâce au projet envoyé aux donateurs, mais surtout le projet du Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et la malaria, on a pu mettre en pratique cette politique d’accès aux traitements pour tous.

Q. Pour tous, ça veut dire combien de personnes ?

Françoise :
Actuellement on est déjà à 7'500 personnes, mais à l’époque c’était en 2002, on avait que 600 personnes qui étaient sous traitements, mais ces 600 personnes n’étaient pas bien suivies, parce qu’ils avaient des traitements quand ils avaient de l’argent, et parfois ils arrêtaient et parfois ils reprenaient.

Q. Donc en tant que médecin j’imagine que vous croisez tous les jours des tas de gens qui aujourd’hui sont en vie, en fait grâce à ces médicaments qui sont maintenant disponibles.

Françoise :
Oui, je pourrais même donner l’exemple d’un parent très proche qui à un certain moment était sous bithérapie de traitement parce qu’il n’y avait pas assez d’argent pour lui acheter les médicaments à ce moment là, mais qui grâce actuellement au Fond Global a pu accéder aux trithérapies et qui vit encore. C’était une personne qui à un certain moment, pour ceux qui comprennent, était à un stade terminal de la maladie, mais aujourd’hui c’est une personne qui a recommencé à travailler et qui va au travail malgré son âge et malgré la maladie. Et ça quand je le vois ça me donne du courage de continuer le combat que je suis en train de faire.

Q. Cette personne, c’est un père de famille ?

Françoise :
C’est ma mère, et c’est une femme que j’adore et qui a su s’occuper de nous quand mon père était déjà décédé et je pense qu’elle fait survivre non seulement les enfants qu’elle a mis au monde, mais actuellement elle est grand-mère et s’occupe aussi des enfants de ses sœurs qui sont mortes pendant la guerre et ça aurait été un gâchis de la perdre au moment où elle était en train de s’occuper de ces personnes là, maintenant elle est capable de s’en occuper, grâce probablement à quelques milliers de francs donné par le Fonds Global.

Q. Alors ça cette une histoire qui vous touche directement, très personnellement, donc votre mère ça ne peut pas être plus près. Vous en connaissez plein d’autres des histoires comme celle-ci j’imagine ?

Françoise :
Oui il y en a plein, je ne sais pas si je pourrais tout raconter, y’a des enfants qui ont été sauvé, des enfants à qui on a dit qu’ils n’allaient pas faire deux ans, mais qui aujourd’hui ont quinze ans, ils vivent, probablement ils ont passé de 2 ans à 10 ans sans traitements, c’était leur chance et quand ils ont commencé à avoir des difficultés dans la vie au niveau de l’école quand ils ne pouvaient pas aller à l’école parce qu’ils étaient alités, aujourd’hui ces enfant là arrivent à être à l’école, bientôt ils seront des adolescents, bientôt ce seront des pères et des mères qui vont faire avancés et développés le pays. Je pense que le traitement a un impact non seulement sur les individus mais également sur toute la communauté, parce que ça permet à la communauté de vivre normalement d’avoir des vies humaines qui existent et qui survient et qui arrivent à développer le pays.

Part 2

Q. Pouvez-vous me donner une idée de l’impact que le Sida a sur un pays aussi petit que le Burundi ?

Françoise :
Le Burundi comme vous le dites est un petit pays, et qui est en Afrique Central parfois classé en Afrique de l’Est, qui a une population d’environ 7 millions d’habitants et qui est très touchée par la maladie, qui est également un pays politiquement instable et surtout touché aussi par la pauvreté où personne aujourd’hui ne peut avec son salaire avec ses capacités se procurer, par exemple, pour un mois des traitements d’ARV. C’est pour cela dans la lutte les personnes vivant avec le VIH, en fait, c’était pour accéder aux traitements gratuits aux ARV mais aussi pour certaines infections opportunistes et que ce soit gratuit pour les personnes vivant avec le VIH.

Mais aujourd’hui on a une bonne politique de traitement, et autour de 7'500 ont accès actuellement aux traitements. Je pense que cette une chose qui a beaucoup changé la vie des personnes vivant avec le VIH. C’est vrai qu’au Burundi le VIH commençait à ne pas est être tabou et que les gens en parlent facilement, mais aujourd’hui c’est encore mieux, parce qu’on a de l’espoir. Je suis sûr également que je peux vivre longtemps. Je n’ai pas peur d’apprendre à un malade, moi en tant que médecin aujourd’hui qu’il est séropositif parce que j’ai quelque chose à lui proposer. Avant 2000, c’était très gênant de dire au malade « Pardon, vous êtes séropositif, vous avez le virus, vous aller pouvoir continuer à vivre normalement, essayez de manger correctement, mais malheureusement le médicament est trop chère, on verra bien dans le futur », mais aujourd’hui on a une proposition concrète.

Q. Alors justement dans la communauté, comment est-ce que cet impact se manifeste ?

Françoise :
L’impact de l’arrivée des traitements au Burundi a changé beaucoup de choses dans la communauté. D’abord les gens n’ont plus peur de faire leur dépistage et ça, ça influence aussi la prévention, quand quelqu’un arrive à connaître son statut sérologique qu’il soit positif ou négatif au moment, ça change beaucoup de chose dans la communauté. L’acceptabilité des personnes vivant avec le VIH a beaucoup plus augmenté grâce aux traitements, parce que les gens qui étaient à des stades un peu plus avancés, arrivent à renaître et avoir une vie plus ou moins proche de la normale. Actuellement la discussion du VIH dans les familles ou dans les réunions est devenue plus relaxe.

Q. Vous êtes membre du Conseil administratif du Fonds mondial aussi. Quesque pour vous ça représente le Fond mondial ?

Françoise :
Je suis heureuse que je sois sur le comité en tant que personne vivant avec le VIH, parce que là j’ai mon mot à dire. Quand je suis en train de voter ma voix équivaux à la voix des Etat Unies. Et ça, c’est quelque chose pour moi que je n’avais pas l’habitude de voir. J’arrive à argumenter, ma voix puisse passer par des arguments en avant de ceux des Etats Unies, c’est une grande chose. Et ça c’est le Fonds mondial qui a commencé ça je n’ai jamais vu ça ailleurs, c’est ce que je dis toujours. Mais aujourd’hui on est en train de voir comment réorganiser leur Conseil d’administration, nous on vit avec la maladie on sait ce que c’est, et dans les personnes qui vivent avec la maladie il y aussi des professionnels, on a notre mot à dire et ça je pense que le Fonds mondial nous à donner une place pour dire ce qu’on pense, des décisions qui se prennent à de haut niveaux pour nous, mais quand c’est fait sans nous, c’est contre nous.

Q. 7'500 personnes ça ne représente pas l’ensemble des gens, des personnes au Burundi qui ont besoin de ces soins, non ?

Françoise :
Non, ça ne représente pas l’ensemble des patients qui ont besoin, dans les derniers chiffres du pays, il y avait environ 25'000 personnes qui avaient besoin de ce traitement, et sur ces 25'00, le pays c’était engagé à traiter environ 12'500 personnes, mais la mobilisation des ressources n’a pas suivi. Actuellement nous avons que le Fonds Mondial qui c’est engagé à donner le traitement, il y a une partie du projet financé aussi par la Banque Mondial.

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